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                                                                                            Dès le début des études, j’ai compris que la peinture représentait un certain nombre de problèmes à résoudre : la composition, le rythme, la structure du tableau, la lumière, l’unité, l’interprétation, etc. La construction du tableau comptait beaucoup pour moi, j’ai commencé à peindre en facettes de couleurs qui amenaient la forme, puis je pensais au rythme. Chaque couleur en amène une autre : si on change une couleur, il faut changer toutes les autres. A mes débuts, je peignais des bouquets rythmés comme une roue qui tourne.

 

     Je peignais aussi des maisons avec beaucoup de personnages, une de mes toiles de 1940 appartient actuellement à un marchand qui a une galerie, rue Pierre Lescaut. Robert Vrinat m’a révélé l’existence de cette toile que j’avais vendue pendant la guerre. J’avais alors une peinture dans des tons doux, puis un drame a traversé ma vie et a influencé toute ma peinture des années durant. J’ai peint alors dans des couleurs sombres,dramatiques.

 

      Mes recherches ont intéressé Henry de Waroquier qui disait : « Comment une jeune fille si fragile peut-elle peindre des sujets tragiques avec une telle puissance ? ».Tel ce marinier au bord du canal St Martin ou ce masque à gaz devant la fenêtre ouverte sur des toits enneigés.

 

      Puis Waldemar George s’est intéressé à mes grandes toiles à sujet religieux,  nous passions des heures à bavarder peinture dans mon studio rue Jouvenet. Plus tard André Lhote, après le prix des Vikings que j’obtins en 1955, me dit : "cette recherche du clair obscur par la couleur est difficile mais réussie, votre technique et votre peinture sont très personnelles."

 

    

Ensuite au cours d’une existence plus facile, ma peinture s’est éclaircie et je suis arrivée insensiblement à la couleur tout en respectant mes recherches primitives, où rien n’est laissé au hasard, avec ce même désir d’indiquer l’essentiel en sacrifiant le reste. J’amusais mes confrères quand je disais : « tu comprends, dans la peinture, il faut des zones de silences. Il y a des grands et des petits rôles, de la figuration, des silences, et les silences, c’est très important »

 

      Il est vrai que parallèlement j’ai suivi des cours de dessin à la Villa Thiole où j’ai obtenu un premier prix de dessin et un premier prix d’aquarelle et des cours de théâtre  au conservatoire ou j’eu un premier accessit de comédie. C'est mon expérience chez Dullin qui m’a donné le respect du travail bien fait.

 

                                                                                                                    Mireille MONTANGERAND

 

 

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